Pour devenir maréchal-ferrant, la voie de base est le CAP agricole maréchal-ferrant. Il se prépare en 2 ans après la 3e, en lycée agricole ou en apprentissage, et donne un diplôme de niveau 3. Tu peux ensuite viser le BTM maréchal-ferrant, en 2 ans, au niveau bac. Selon l’Onisep, l’équitation n’est pas exigée à l’entrée, mais elle aide à approcher le cheval.
Le métier au quotidien
Les sabots poussent en permanence. Il faut donc les entretenir et les ferrer environ tous les mois. Le travail suit toujours le même ordre :
- retirer l’ancien fer ;
- parer le pied, en enlevant l’excédent de corne avec un boutoir et un rogne-pied ;
- chauffer le fer, le mettre en forme et l’ajuster au sabot ;
- le clouer ou le coller, selon l’activité du cheval.
Des fers thérapeutiques ou orthopédiques servent en cas de pathologie ou de défaut d’aplomb. Le maréchal-ferrant veille aussi à la santé générale du cheval, y compris l’hygiène de la bouche et des dents. Sur ce terrain, il est en concurrence avec les vétérinaires et les dentistes équins. Il intervient sur les équidés, mais aussi sur les bovins.
Un métier itinérant
Ce n’est plus le cheval qui vient à la forge : c’est le maréchal-ferrant qui se rend dans les écuries. Il roule dans une camionnette équipée, avec ses outils et une forge à gaz. L’Onisep parle de 700 à 1 000 km par semaine, à l’échelle d’un département ou d’une région.
Un métier d’artisan
La grande majorité des maréchaux-ferrants travaillent seuls, comme indépendants. Selon l’Onisep, les entreprises de maréchalerie sont à 80 % des entreprises individuelles, à 15 % des micro-entreprises et à 5 % des sociétés. Le salariat existe dans certains grands centres équestres, dans les écuries et à l’armée (gendarmerie, garde républicaine, armée de terre). L’Onisep conseille de démarrer salarié avant de gérer ta propre structure.
La formation : le CAPa maréchal-ferrant
C’est un diplôme national du ministère de l’Agriculture. Sa durée dépend de ton parcours :
- 2 ans après la 3e (forme classique) ;
- 1 an si tu as déjà un autre CAP ;
- 3 ans après une Segpa ou une Ulis.
Ce que tu apprends
- La locomotion du cheval et la biomécanique.
- Le déferrage et l’évaluation de l’état du sabot et de l’usure du fer.
- Le parage : tailler et râper la corne pour redonner la forme du pied.
- La pose de ferrures ou de prothèses adaptées.
- Les soins de la boîte cornée, par exemple lors d’un abcès.
- Le conseil aux clients sur l’appareil locomoteur de leur cheval.
Comment la formation est organisée
- 3 modules d’enseignement général : français, mathématiques, histoire-géographie, biologie, physique-chimie, langue vivante, EPS.
- 4 modules professionnels, un peu plus de la moitié de l’emploi du temps : l’insertion dans l’entreprise, l’organisation de l’atelier de maréchalerie, les interventions sur les équidés, les travaux de maréchalerie.
- 12 semaines de stage sur les 2 ans, si tu n’es pas apprenti.
- 1 semaine de stage collectif sur la santé, la sécurité et le développement durable.
Le programme complet est sur la fiche Onisep du CAPa maréchal-ferrant.
Après le CAPa : le BTM maréchal-ferrant
Le BTM (brevet technique des métiers) est un titre délivré par les chambres de métiers et de l’artisanat. Il se prépare en 2 ans après un diplôme de niveau 3 de la même spécialité, le CAPa ou le CTM maréchal-ferrant, et il est inscrit au RNCP au niveau 4.
Il prépare aux ferrages courants selon l’activité du cheval, mais aussi aux ferrures orthopédiques, pathologiques et thérapeutiques, pour lesquelles le maréchal-ferrant travaille avec un vétérinaire.
Ce que disent les chiffres d’insertion
Données InserJeunes 2024 relevées par l’Onisep, pour l’apprentissage :
| Diplôme | En emploi à 6 mois | En formation | Autre situation |
|---|---|---|---|
| CAPa maréchal-ferrant | 20 % | 62 % | 18 % |
| BTM maréchal-ferrant | 46 % | 13 % | 41 % |
Lecture : la majorité des titulaires du CAPa continuent leurs études, le plus souvent vers le BTM. La catégorie « autre situation » comprend l’installation à son compte, ce qui pèse dans un métier d’indépendants.
Les qualités attendues
- La résistance physique : tu restes courbé au-dessus du sabot, tu portes le matériel de forge. Le dos est mis à rude épreuve.
- La maîtrise de soi : la force ne suffit pas, il faut calmer un cheval qui proteste.
- Des connaissances scientifiques : forge, anatomie du pied et de la bouche, soins.
- Le sens de la gestion : rigueur et goût des chiffres pour tenir ton entreprise.
- Le contact : tu travailles avec des propriétaires et des dirigeants de centres équestres.
Salaire et rythme
L’Onisep indique un salaire débutant à partir de 1 867 € brut par mois, variable selon le lieu d’exercice et le statut. Les week-ends sont souvent grignotés par les urgences, et le métier est physique : beaucoup changent de voie après plusieurs années. Pour évoluer, l’Onisep cite la spécialisation en orthopédie équine, une profession rare et recherchée, qui demande des connaissances en plus en hippologie, en soins vétérinaires et en anatomie du pied.
Tes étapes pour te lancer
- Fais un stage d’observation chez un maréchal-ferrant pour voir le rythme réel.
- Choisis entre voie scolaire et apprentissage. En apprentissage, trouve ton maître d’apprentissage avant la rentrée.
- Monte à cheval ou passe du temps à l’écurie : approcher un cheval sans crainte est un avantage.
- Prévois la suite dès le CAPa : BTM, puis spécialisation éventuelle.
- Compare avec les autres métiers de la filière dans le panorama des formations et métiers du cheval, ou avec le métier de palefrenier soigneur.
Sources
Onisep : fiche métier maréchal-ferrant, fiches formation CAPa maréchal-ferrant et BTM maréchal-ferrant (programme, durées, statuts des entreprises, données InserJeunes 2024, salaire débutant). Données consultées le 1er octobre 2026.